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Présages, Augures & Sortilèges

Il est important de faire la distinction entre les présages et les augures. Les augures doivent être interprétés selon les règles de l'art augural et sont associés à des signes spécifiques, tandis que les présages sont spontanés et interprétés de manière personnelle, souvent de manière plus vague et arbitraire.


Les présages se divisent en sept catégories : les paroles fortuites, les tressaillements de différentes parties du corps comme le cœur, les yeux et les sourcils, les tintements d'oreille, les éternuements matinaux, diurnes et vespéraux, les chutes inattendues, les rencontres avec des personnes ou des animaux inhabituels, ainsi que les noms et prénoms.


Observer les présages ne suffit pas ; il faut aussi les accepter et, s'ils sont favorables, remercier la divinité. En cas de présages défavorables, il est nécessaire de prier les dieux pour annuler leurs effets.


À Rome, lorsqu'un présage semblait défavorable, le dieu Averruncus était invoqué dans l'espoir de détourner les maux ou d'y mettre fin. Ce surnom, dérivé d'un mot latin signifiant "détourner", était parfois également attribué à d'autres dieux lorsqu'on les priait d'éviter un malheur.


Les présages étaient consultés en toute circonstance : au début d'une entreprise importante, au lever du jour, au premier jour d'un mois et surtout d'une année. Cela se manifestait par l'usage de paroles de bon augure dans les rencontres, les salutations, les vœux, et même dans le langage courant. Les Romains évitaient les paroles de mauvais augure ainsi que certains gestes, attitudes et regards. Certains croyaient même que certaines personnes avaient le pouvoir de jeter un sort, généralement néfaste.


À cette époque, le destin représentait la part de chance et de malheur attribuée à chacun par le Destin. Ce mot étant féminin en latin, les Romains considéraient la déesse "Sors" comme la fille de Saturne, à qui l'on rendait les mêmes hommages qu'au Destin ou à la Destinée. Elle était représentée sous les traits d'une jeune fille portant une petite boîte carrée sur sa poitrine, contenant ce qui était nécessaire pour tirer les sorts. On utilisait généralement des dés pour cela, et dans les temples, les dés étaient lancés, d'où l'expression "le sort est jeté".


Ce type de divination était également pratiqué en Grèce. Préneste et Antium, deux villes d'Italie, avaient le privilège de contenir les sorts, et les Romains les consultaient fréquemment. En Sicile, on les interrogeait au temple des frères jumeaux Paliques, fils de Jupiter et de la nymphe Thalie. Thalie, craignant le ressentiment de Junon, pria Jupiter de la cacher dans les entrailles de la terre. Peu après, deux enfants surgirent de la terre et furent divinisés. Près de leur temple se trouvait un petit lac d'eau bouillante et sulfureuse, toujours plein sans jamais déborder, considéré comme le berceau des frères. Les Grecs venaient souvent faire des serments solennels près de ce lac, qui devint plus tard un refuge pour les esclaves maltraités par leurs maîtres, et finalement utilisé pour tirer les sorts en jetant des billets écrits, dont le sort déterminait s'ils flottaient ou coulaient.





Présage
René Magritte - Les présages, 1943


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